Crédit d'impôt recherche (CIR) et innovation (CII) : le guide

    Le crédit d'impôt recherche (CIR) et le crédit d'impôt innovation (CII) sont des aides fiscales majeures pour les TPE/PME. Ils permettent de financer une partie de vos dépenses de R&D et d'innovation en réduisant votre impôt. Comment en bénéficier ? Voici un guide complet.

    Juliette BardinJuliette Bardin
    18/05/2026 5 min

    Le crédit d'impôt recherche (CIR) et le crédit d'impôt innovation (CII) sont deux dispositifs fiscaux essentiels pour la compétitivité des entreprises françaises, et notamment des TPE/PME. Souvent perçus comme complexes ou réservés aux grands groupes, ils représentent pourtant un levier de financement puissant pour toute entreprise qui investit dans la recherche ou l'innovation.

    Ces aides permettent de récupérer une partie significative des dépenses engagées, sous la forme d’une réduction d’impôt ou d’un remboursement. Mais quelles sont les différences entre le CIR et le CII ? Quelles dépenses sont éligibles et comment les sécuriser ?

    Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir pour en bénéficier.

    Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) : soutenir la R&D

    Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) est le dispositif le plus large. Il vise à encourager les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs à s’engager dans des activités de recherche et développement (R&D).

    Qu’est-ce qu’une activité de R&D éligible ?

    Pour être éligibles au CIR, les dépenses doivent correspondre à de véritables opérations de R&D, qui se classent en deux catégories :

    La recherche fondamentale : travaux qui contribuent à l’avancement des connaissances, sans objectif commercial immédiat.
    Le développement expérimental : travaux menés pour lever des incertitudes techniques ou scientifiques, par exemple lors de la création d’un nouveau produit, procédé ou service. L’objectif est de démontrer la faisabilité et la performance d’une innovation.

    L’enjeu principal est de pouvoir justifier d’une démarche scientifique expérimentale et d’une amélioration substantielle par rapport à l’état de l’art existant.

    Quelles sont les dépenses éligibles au CIR ?

    Les principales dépenses retenues dans le calcul du CIR sont :

    Les frais de personnel : salaires et charges sociales des chercheurs et techniciens de recherche.
    Les dotations aux amortissements : matériel et immobilier affectés directement aux activités de R&D.
    Les frais de fonctionnement : calculés forfaitairement à 75% des frais de personnel ou 50% des dotations aux amortissements.
    Les dépenses de sous-traitance : confiées à des organismes de recherche publics ou privés agréés par le Ministère de la Recherche.
    Les frais de brevets et de veille technologique.

    Quel est le taux du CIR ?

    Le taux du CIR est particulièrement attractif :

    30 % des dépenses de R&D jusqu’à 100 millions d’euros.
    5 % au-delà de ce seuil.

    Pour une PME qui engage 100 000 € de dépenses de R&D, le CIR s’élèvera donc à 30 000 €.

    Le Crédit d’Impôt Innovation (CII) : un complément pour les PME

    Le Crédit d’Impôt Innovation (CII) est une extension du CIR, spécifiquement destinée aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). Il cible les dépenses liées à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux.

    La distinction est essentielle : le CII ne finance pas la R&D (qui vise à lever une incertitude scientifique), mais l’étape suivante de l’innovation, c’est-à-dire la création d’un produit non encore présent sur le marché et qui se distingue par des performances supérieures.

    Quelles sont les PME concernées ?

    Le CII est réservé aux entreprises qui répondent à la définition européenne de la PME, c’est-à-dire :

    Moins de 250 salariés.
    Un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros OU un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros.

    Quelles sont les dépenses éligibles au CII ?

    Les dépenses retenues sont celles nécessaires à la conception d’un produit nouveau sur le plan technique, fonctionnel, ergonomique ou de l’écoconception. Elles incluent :

    Les frais de personnel affecté à la réalisation des prototypes ou installations pilotes.
    Les dotations aux amortissements du matériel utilisé pour ces opérations.
    Les frais de dessins et modèles.
    Les dépenses de sous-traitance auprès d’entreprises agréées.

    Quel est le taux et le plafond du CII ?

    Le CII permet de récupérer :

    30 % des dépenses d’innovation éligibles.
    L’assiette des dépenses est plafonnée à 400 000 € par an.

    Le montant maximal du CII est donc de 120 000 € par an (30 % de 400 000 €).

    Comment obtenir le CIR et le CII ?

    La démarche est commune aux deux dispositifs et se déroule en plusieurs étapes clés.

    1Chiffrer les dépenses éligibles : Il s’agit de lister précisément toutes les dépenses engagées (salaires, matériel, sous-traitance…) et de les valoriser conformément aux règles fiscales.
    2Rédiger un dossier technique justificatif : C’est le cœur du dispositif. L’entreprise doit rédiger un document détaillant la nature des travaux, les objectifs, les verrous scientifiques ou techniques levés (pour le CIR) ou les performances supérieures du nouveau produit (pour le CII). Ce dossier est essentiel en cas de contrôle de l’administration.
    3Remplir la déclaration fiscale : Les dépenses doivent être reportées sur le formulaire spécifique Cerfa n°2069-A-SD, qui doit être joint à la déclaration de résultats de l’entreprise.
    4Imputer le crédit d’impôt : Le crédit d’impôt vient en déduction de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR) dû. Si le montant du crédit d’impôt est supérieur à l’impôt, l’excédent est soit reporté sur les trois années suivantes, soit immédiatement remboursé pour les PME.

    La sécurité avant tout : le rescrit fiscal

    Pour éviter tout risque de redressement, il est fortement recommandé d’utiliser la procédure du rescrit fiscal. Elle permet de soumettre en amont son projet à l’administration fiscale ou au Ministère de la Recherche pour obtenir une validation officielle de l’éligibilité des travaux. Cette prise de position formelle engage l’administration et sécurise le crédit d’impôt.

    Conclusion

    Le CIR et le CII sont des outils de financement extrêmement puissants, trop souvent négligés par les TPE et PME. En transformant une partie de vos investissements en R&D et en innovation en économie d’impôt, ils contribuent directement à la croissance et à la compétitivité de votre entreprise.

    La complexité de la démarche, notamment la constitution du dossier technique justificatif, ne doit pas être un frein. Un accompagnement par des experts, comme votre expert-comptable, est la meilleure garantie pour sécuriser votre déclaration, maximiser le montant de l’aide et pérenniser votre capacité à innover.

    Juliette Bardin

    À propos de l'auteur

    Juliette Bardin

    Expert-comptable diplômée depuis 2023, avec 15 ans d'expérience en cabinet comptable. Au travers de mon cabinet JLB Expert, je vous propose un accompagnement personnalisé pour vous aider à piloter votre entreprise avec sérénité et efficacité.

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